Travaux en coursUne conférence de presse faisant le point sur le découpage et le relevage du Tricolor s'est tenue le jeudi 18 septembre 2003 à la sous-préfecture de Dunkerque. Ce point presse s 'est déroulé en présence du vice-amiral Hubert Pinon, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, de Daniel Ferey, sous-préfet de Dunkerque, de M. Michel Heuzé, sous-préfet de Calais, de deux représentants du consortium belgo-néerlandais Combinatie Berging Tricolor et de quelques élus locaux.
L'état d'avancement du chantier est le suivant :
- les tranches n°1, 2, 8 et 9 ont été relevées ;
- le relevage de la tranche n°3 aura lieu en fin de week-end en fonction des conditions techniques et météorologiques ;
- la découpe de la tranche n°4 a commencé ;
- les travaux préparatoires à la découpe de la tranche n°7 sont en cours.
- Mesures antipollution aux abords du chantier
L'Union Beaver, bâtiment de lutte antipollution du consortium, est sur zone pour faire face à d'éventuelles pollutions. Il contribue également à la récupération de macro-déchets.
La pollution circulant parfois entre deux eaux et n'étant donc pas toujours visible aux abords même du chantier, l'Union Beaver s'est repositionné un peu plus à l'écart de l'épave.
Des bâtiments français ou belges poursuivent leurs missions permanentes de surveillance maritime et de lutte antipollution. L'Ailette, bâtiment de soutien de haute mer de la Marine est sur zone et le bâtiment de soutien régional Elan, basé à Cherbourg, est placé en alerte à Dunkerque. L'Iris, patrouilleur des affaires maritimes, présent actuellement sur zone, au titre de la navigation, sera relevé mardi par le bâtiment de la marine belge Stern.
Compte tenu des tranches restant à découper ou à relever (n°4, 5, 6 et 7), un risque de pollution a été présenté lors de la conférence de presse. Ce risque est dû au fioul piégé par l'épave et n'ayant pu être absorbé par les opérations de pompage. En conséquence, de nouvelles pollutions pourraient toucher les côtes jusqu'à l'achèvement prochain du découpage du roulier norvégien estimé à la fin octobre par le consortium. Une chaîne de réaction et d'information unit la préfecture maritime, les préfectures terrestres et les municipalités pour faire face à ses éventuelles pollutions mais le maximum sera fait en cas de besoin pour les traiter à la mer.
3. Analyses en cours.
Les différentes analyses, de plus en plus poussées, effectuées récemment sur les prélèvements opérés, tant en mer, au niveau de l'épave, sur les plages du Nord et du Pas-de-Calais, que sur l'épave elle-même à Zeebrugge, ont montré une grande similitude entre les fiouls issus du Prestige et les soutes du Tricolor.
La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord poursuit en conséquence ses investigations, tant sur le plan des analyses, en affinant les critères caractérisant les produits (grâce aux laboratoires spécialisés du CEDRE* et du LASEM* de Cherbourg), qu'en intégrant les autres éléments dont elle dispose : observations à la mer des bâtiments de l'Etat, modélisation de la dérive des nappes (météo France-Mothy), reconnaissances aériennes françaises et belges et constatations nombreuses opérées sur les plages, ceci dans le but d'établir, avec le maximum de certitude, l'origine des pollutions constatées à terre.
Enfin, il faut souligner que le nombre important d'échantillons concernés, ainsi que la précision indispensable de ces analyses, nécessitent plusieurs semaines pour obtenir des résultats d'une fiabilité satisfaisante, d'autant qu'il s'agit de produits ayant vieilli après un séjour prolongé dans l'eau (Prestige: novembre 2002 ; Tricolor décembre 2002 ).
*CEDRE : centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux)
*LASEM : laboratoire d'analyses, de surveillance et d'expertise de la Marine de Cherbourg.