Depuis le 31 janvier dernier, la France et la
Grande Bretagne engagent des moyens maritimes, aériens et humains
sur la zone du naufrage du chimiquier ECE pour la sécurité de la
navigation, l’évaluation de la situation environnementale et la
prévention d’une pollution en mer.
1. Surveillance de la zone du naufrage du chimiquier
ECE.
Le bâtiment d’assistance, de soutien et de dépollution
Argonaute poursuit la surveillance de la zone du naufrage et
la campagne journalière de prélèvements de l’eau de mer en surface
et sous la surface autour de l’épave.
Les résultats en acidité (PH) sont normaux. S’agissant des
phosphates, les résultats sont en général cohérents avec la teneur
moyenne dans l’eau de mer ; une augmentation a toutefois été
observée hier après les deux précédentes datées des 7 et 12
février.
Par ailleurs, les missions de surveillance aérienne se
poursuivent à raison d’un vol par jour réalisé en alternance par
les avions de la marine nationale (Falcon 50), des Douanes
françaises (POLMAR) et de la MCA Britannique (CESSNA
406). Lors du vol de l’avion POLMAR des Douanes effectué
hier sur la zone du naufrage, une irisation a été observée en
surface sur 500 mètres de large pour 1 kilomètre de long. L’avion
CESSNA de la MCA a volé ce jour sans observer de pollution
sur la zone du naufrage.
2. Le point sur les discussions avec l’armateur et les
responsables de la cargaison.
Suite au naufrage du chimiquier ECE et face aux risques
de pollution du milieu marin dans la matinée du 31 janvier, le
préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord avait mis en
demeure l’armateur du navire de faire cesser l’ensemble des menaces
graves et imminentes liées à ce naufrage. Il s’agit en effet des
menaces que font peser pour l’environnement et la sécurité de la
navigation, aux approches des côtes françaises et britanniques, le
navire, sa cargaison (10 000 tonnes d’acide phosphorique) et
son fuel de propulsion (70 tonnes de fuel lourd à bord).
Une nouvelle réunion s’est tenue ce jour en
Préfecture maritime à Cherbourg avec notamment les représentants de
l’armateur, ses avocats, les propriétaires de la cargaison et les
assureurs.
Les opérations d’inspection détaillée de l’épave
de l’ECE par Sonar et par un ROV (robot télé opéré) ont été
présentées aux autorités françaises et britanniques en charge du
dossier. Les investigations débuteront le 17 février matin, pour
une durée de six jours en fonction des conditions météorologiques
et océanographiques. Les moyens seront mis en œuvre à partir du
KOMMANDOR JACK, navire spécialisé dans la recherche
océanographique.
Les autorités françaises et britanniques ont
souligné l’urgence du lancement du chantier de traitement de
l’épave, à la charge de l’armateur, dès la fin des investigations.
Elles ont aussi souligné la nécessité d’assurer une continuité dans
la surveillance et l’analyse de l’environnement, dans le respect
des procédures scientifiquement éprouvées déjà mises en oeuvre.
Enfin, en accord avec l’armateur de
l’ECE, un observateur commun représentant la France et la
Grande Bretagne assistera aux différentes opérations prévues pour
cette inspection de l’épave, à bord du KOMMANDOR JACK.
3. Le comité d’experts.
Le comité d’expert franco-britannique a débuté
ses travaux selon les termes de la lettre de mission co-signée par
les autorités françaises et britanniques. Il s’agit d’étudier
notamment les options proposées par l’armateur pour éliminer ou
réduire les sources de danger que constitue le navire.
Pour la France, ce groupe d’experts comprend les
représentants du CEDRE, de la CEPPOL, du LASEM et de l’IFREMER, qui
ont suivi les opérations de surveillance au dessus du chimiquier
ECE en partenariat avec Météo France ; pour la Grande Bretagne
ce groupe est constitué des experts du MCA (Maritime And Coast
Guard Agency) et du centre pour l’environnement, la pêche et
l’aquaculture.