Le chimiquier Ece a coulé cette nuit à
03h37 locales dans les eaux internationales. Il repose cap au sud,
sur son flanc bâbord, à environ 5,5 nautiques dans
l’ouest-sud-ouest du lieu de collision. De légères irisations de
surface ont été observées ce matin par les équipages de
l’Abeille Liberté et du patrouilleur de la Marine nationale
Sterne. Leur analyse est en cours. Tous les bâtiments
présents sur zone participent à la recherche de pollution en
surface. La Sterne participe également à la sécurité du
chantier.
L’avion de télédétection des douanes réalisera
une mission d’observation aérienne au-dessus de la zone du naufrage
dès que les conditions météorologiques le permettront (brouillard
givrant ce matin en Manche et mer du Nord).
La base navale de Cherbourg a mis en alerte le
Bâtiment de Soutien de Région (BSR) Elan en version lutte
anti-pollution. Des navires spécialisés dans la lutte antipollution
sont en alerte à Brest.
Par ailleurs, le CMT Lyre va mettre en
œuvre son PAP (Poisson Auto Propulsé) afin d’obtenir des images de
la coque posée au fond et rechercher la présence éventuelle de
fuites. Les investigations envisagées ensuite par des plongées
humaines nécessitent des informations complémentaires sur
l’environnement immédiat de l’Ece. Ces plongées doivent en
effet se dérouler en toute sécurité pour les intervenants.
Le RIAS Abeille Liberté, avec à son bord,
un chimiste du LASEM (Laboratoire d’Analyse et d’Expertise de la
Marine nationale), effectue régulièrement des mesures du Ph
(potentiel hydrogène) en surface ; les mesures sont normales
(Ph de l’eau de mer).
Dans le prolongement de l’activation du
MANCHEPLAN, une cellule de crise franco-britannique va être mis en
place à la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord,
avec notamment un représentant du ministre des transports
britanniques. Son travail va consister à établir les mesures à
prendre pour la phase d’exploration de l’épave.
Par ailleurs, un officier de la CEPPOL
(commission d’études pratiques de lutte antipollution), stationné à
Brest, est venu renforcer le dispositif de la préfecture
maritime.
Le chimiquier Ece avait au moment du
naufrage dans ses cuves 70 tonnes de fioul de type Intermediate
Fuel Oil 180 et 10 tonnes de fioul type Marine Diesel Oil.
La cargaison de 10 000 tonnes d’acide
phosphorique est stockée dans des cuves en inox. L’analyse du CEDRE
(centre de documentation, d’expérimentation et de recherches sur
les pollutions accidentelles des eaux) indique que l’acide
phosphorique est un liquide corrosif non volatile, plus lourd que
l’eau, qui ne produit pas de vapeur. Ce liquide est totalement
soluble dans l’eau. En cas de déversement en pleine mer, l’acide
phosphorique se mélangerait dans le milieu marin et se dissoudrait
rapidement. Le rejet de tout ou partie de cette cargaison à la mer
conduirait donc à un retour rapide du Ph de l’eau de mer à un
niveau normal dans la zone affectée.
Le CEDRE (centre de documentation, de recherche
et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) a
fait un calcul de prévision (à l’aide du modèle numérique de Météo
France) de dérive du combustible de propulsion s’il venait à être
libéré dans l’eau de mer. Ces prévisions à 72 heures montrent une
stagnation du produit polluant dans la zone du naufrage.
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