Dossier de presse
Action de l’Etat en mer et Sécurité
maritime
dans le Pas de Calais :
Le remorqueur d’intervention, d’assistance et
de sauvetage
Anglian Monarch
SOMMAIRE
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- L’organisation générale de l’action de l’Etat
en mer
- Détroit du Pas de Calais : un trafic
maritime important
- Un détroit international avec une
coopération internationale
- Les moyens de prévention de l’Etat dans
le pas de Calais
- Les moyens d’interventions de l’Etat dans
le Pas de Calais
- Cas d’un navire en avarie
- La notion de port refuge
- Présentation technique de l’Anglian
Monarch
L’organisation de l’action de l’Etat en
mer
L’augmentation continue du trafic maritime, les
menaces contre l’environnement marin, les personnes et les biens,
ainsi que la volonté collective de faire progresser la sécurité en
mer ont conduit le gouvernement à faire évoluer en février 2004 le
concept français de l’Action de l’Etat en mer fondé sur la notion
de coordination. Ainsi, les pouvoirs de coordination des préfets
maritimes en métropole ont été renforcés dans le but d’affirmer
la permanence et la globalité de l’Action pluri-administrative de
l’Etat en Mer.
Le représentant de l’Etat en mer est le préfet
maritime, officier général de marine. Délégué du Gouvernement, il
est le représentant direct du Premier ministre et de chacun des
membres du Gouvernement. Son autorité s’exerce à partir de la
laisse de basse mer, sauf dans les ports à l’intérieur de leurs
limites administratives et dans les estuaires en deçà des limites
transversales de la mer.
Le préfet maritime veille à l’exécution
des lois, des règlements et des décisions gouvernementales. Investi
du pouvoir de police générale, il a autorité dans tous les domaines
où s’exerce l’action de l’Etat en mer, notamment en ce qui concerne
la défense des droits souverains et des intérêts de la Nation, le
maintien de l’ordre public, la sauvegarde des personnes et des
biens, la protection de l’environnement et la coordination de la
lutte contre les activités illicites.
Le préfet maritime anime et coordonne l’action
en mer des administrations et la mise en œuvre de leurs moyens
aériens et maritimes, sans faire obstacle à l’exercice par les
autorités administratives, civiles et militaires, et les autorités
judiciaires des compétences qui leur sont reconnues par d’autres
textes législatifs ou réglementaires. Il reçoit en tant que de
besoin des directives du secrétaire général de la mer qui relève du
Premier ministre. Pour remplir les missions permanentes d’intérêt
général dont il est chargé, le préfet maritime prend toutes
initiatives et mesures nécessaires. Il bénéficie du concours des
services et administrations de l’Etat qui mettent à sa disposition
les moyens et informations d’intérêt maritime dont ils disposent.
Il peut donner des directives aux chefs de ces services qui lui
rendent compte de leur exécution.
Les administrations tiennent si nécessaire le
préfet maritime informé de la gestion et de la mise en œuvre de
leurs moyens dans le cadre de leurs compétences propres.
Un arrêté du Premier ministre établit la liste
des missions en mer incombant à l’Etat.
Les préfets et les établissements publics de
l’Etat informent le préfet maritime des affaires et décisions
susceptibles d’avoir des conséquences en mer. Une conférence
maritime placée sous la présidence du préfet maritime assiste
celui-ci dans l’exercice de son action de coordination et
d’information. Elle est constituée des chefs des services des
administrations dotées d’attributions en mer et sur le littoral. En
fonction de l’ordre du jour, les préfets de zone de défense, de
région et de département assistent à la conférence maritime. Les
représentants des collectivités territoriales peuvent y être
conviés.
Le préfet maritime de la Manche et de la mer du
Nord est aussi le commandant de la zone maritime de la Manche et de
la mer du Nord, fonction militaire interarmées. Le siège de la
préfecture maritime est à Cherbourg. Le préfet maritime est assisté
dans l’exercice de ses fonctions par un adjoint opérations, par un
adjoint pour l’action de l’Etat en mer et par des fonctionnaires et
agents, civils et militaires, désignés par les administrations qui
participent à l’action de l’Etat en mer.
Détroit du Pas de Calais : un trafic
maritime important
1- Contexte général.
25% du trafic mondial transite par la Manche et le Pas de
Calais.
La préfecture maritime de la Manche et de la mer
du Nord est attentive au phénomène d’accroissement du trafic
maritime qui augmente d’environ 3% par an. Dans le détroit
" international " du Nord Pas de Calais, le trafic
montant, descendant et transverse est particulièrement élevé. Les
côtes britanniques et françaises sont proches (18 nautiques soit 33
kilomètres).
Comme sur la route, il y a en mer des risques
d’accidents. L’Etat met donc en place des dispositifs de prévention
et des capacités d’interventions pour faire face à ces risques. La
marine nationale y est particulièrement impliquée, mais elle n’est
pas la seule administration concernée : le CROSS (centre
régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) de Gris Nez
surveille le trafic maritime dans le Pas de Calais et détecte 99%
des navires qui transitent dans le dispositif de séparation du
trafic (D.S.T du Pas de Calais). Le Cross Gris-Nez (qui relève de
l’administration des Affaires maritimes sur le plan organique et du
préfet maritime sur le plan opérationnel) suit ce trafic maritime
ainsi que tous les incidents, même mineur, survenant en mer. Il
reçoit le signalement de tous les navires de commerces transitant
par le D.S.T. avec une attention particulière pour les cargaisons
dangereuses. Le rôle du CROSS n’est pas autoritaire, il est là pour
donner des conseils aux capitaines de navires et aux marins.
Enfin, des accords internationaux permettent une
coopération efficace des trois Etats riverains du détroit
international du Pas de Calais que sont la Grande-Bretagne, la
Belgique et la France.
2- Le détroit du
Pas-de-Calais.
Le détroit du Pas-de-Calais est probablement une
des zones maritimes la plus dangereuse en raison de la densité du
trafic la plus importante au monde. C’est surtout le couloir de
transit obligatoire pour tous les navires en provenance ou à
destination des grands ports européens, un goulot d’étranglement où
la navigation doit être particulièrement surveillée.
Dans cette zone particulièrement délicate, le
dispositif de séparation du trafic (DST) impose aux navires
d’emprunter une voie montante, dite Nord-Est côté français, et une
voie descendante, dite Sud-Ouest côté anglais. Deux zones de
navigation côtière séparent le trafic longitudinal du trafic
côtier.
Le principal danger reste l’abordage. Pour les
ferries effectuant la liaison vers les îles britanniques, la
navigation s’apparente à la traversée perpendiculaire d’une
autoroute de cargos. Ajoutons à cela les nombreux navires de pêche
dans le Pas de Calais et la Manche et nous obtenons un trafic à la
fois dense et diversifié. Le rôle du CROSS est d’abord préventif,
il surveille en permanence le trafic :
- environ 600 navires empruntent chaque jour le dispositif de
séparation de trafic du Pas-de-Calais ;
- 62 % des produits hydrocarbures transportés sont des huiles
alimentaires ;
- 70 000 passagers traversent en moyenne chaque jour la Manche
entre la Grande-Bretagne et la France, dont 50 000 pour le seul
Pas-de-Calais (36 000 en 2004) ;
- à Calais, il y a un mouvement de ferry toutes les
demi-heures ;
- la zone est un lieu d’activités industrielles intenses qui
viennent occuper la mer avec des activités liées à la pose de
câbles, à l’exploitation de fonds marins (granulats), à la
production d’énergie nucléaire, au centre de retraitement de
combustibles irradiées… En 2004, 28 périodes de travaux ont été
recensées dans le détroit ;
- une forte activité de pêche : Boulogne est le premier port
de pêche européen et il y a plus de 1000 bateaux de pêche français
immatriculés sur la zone.
En 2004, le CROSS Gris-Nez a enregistré 80 500
mouvements de navires.
Ce détroit international est délicat pour la
navigation : petits fonds, forts courants et conditions
météorologiques difficiles. Tous ces éléments font que cette zone
est particulièrement difficile : le CROSS de Griz-Nez observe
chaque semaine des " situations de proximité ", c’est à
dire des situations où deux, voire plusieurs bateaux sont obligés,
pour éviter une collision, d’effectuer une manœuvre d’urgence.
Détroit international avec coopération
internationale
1. Généralités.
La France est liée par des accords
internationaux intéressant la zone Manche mer du Nord. Le
Manche-plan, conclu avec nos voisins britanniques et auquel la
Belgique est associée, permet une coopération avancée en matière de
surveillance, de sauvetage et de lutte antipollution dans une zone
où les côtes de trois pays sont proches les unes des autres. Une
collaboration étroite avec les britanniques permet au préfet
maritime de la Manche et de la mer du Nord de partager des moyens
d’intervention pour réagir rapidement et efficacement en cas
d’incident ou d’accident en mer. La préfecture maritime et le CROSS
Gris-Nez sont d’autre part en relation constante avec les
Coast-guards anglais, particulièrement en ce qui concerne le DST du
Pas de Calais dont la surveillance est partagée.
Lorsque la zone où se déroule une opération, ou
lorsque les moyens mis en œuvre impliquent une coopération
internationale, celle-ci est conduite :
- conformément aux dispositions et procédures du MANCHEPLAN
;
- conformément aux dispositions générales de la convention de
Hambourg du 27 avril 1979 sur la recherche et le sauvetage
maritime, avec les autorités d’autres Etats.
L’activation du MANCHEPLAN par le CROSS ou le
COM (centre des opérations maritimes) de Cherbourg, est toujours
confirmée par un message urgent, qui précise l’autorité coordonnant
l’action (ACA) et l’autorité de liaison de l’action (ALA).
Pour les opérations d’assistance et de lutte
anti-pollution, Le préfet maritime de la Manche et de la mer du
Nord dispose en permanence de deux remorqueurs affrétés,
" l’Abeille Liberté " arrivée le 25 octobre 2005 à
Cherbourg pour remplacer l’Abeille Languedoc redéployée dans le
golfe de Gascogne et, depuis le 1er avril 2000,
" l’Anglian Monarch " basé à Douvres et à
Boulogne.
2. La co-exploitation de l’Anglian
Monarch.
Ce remorqueur d’intervention, d’assistance et de
sauvetage est co-exploité et co-financé par les autorités
britanniques et la marine nationale. Cette disposition a été
adoptée par le comité interministériel de la mer du 28 février 2000
qui a fait suite à l’accident de " l’Erika ". Jusqu’à
cette date, les autorités françaises ne disposaient, en Manche, que
du remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage
" Abeille Languedoc " basé à Cherbourg, pendant que le
" Far Turbot ", prédécesseur de " l’Anglian
Monarch " n’était affrété que six mois par an pendant la
période hivernale et par les autorités britanniques.
Concrètement, les gouvernements français et
britannique ont conclu un accord de partenariat pour la mise en
œuvre d’un moyen d’intervention d’urgence en avril 2000, c’est à
dire " un chien de Berger " dans le détroit international
du Pas de Calais
La Marine nationale " co-exploite " donc ce
remorqueur en partenariat avec la Maritime and Coastguard Agency
(MCA) britannique depuis cette date et pour un coût français de 6
111 €uros par jour (coût par jour sur toute l’année).
En pratique, le remorqueur fonctionne
indifféremment au profit des deux Etats durant toute
l’année.
Des instructions permanentes communes ont été
signées entre le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord
et le responsable des opérations de la MCA britannique le 23 juin
2000. Elles ont été depuis reconduites et doivent figurer en annexe
du Manche-plan lors de sa prochaine révision. La France est
partenaire de la MCA dans ce contrat et non pas contractant direct
ce qui fait qu’elle ne négocie ni le prix ni les caractéristiques
des moyens. La souplesse de fonctionnement d’une Agence comme la
MCA permet de trouver des navires et des armements beaucoup plus
facilement que dans le cadre des codes des marchés publics français
et européens.
En janvier 2001, afin d’optimiser le cadre de la
coopération, la France a demandé à ce qu’un officier maîtrisant la
langue française figure parmi l’équipage de ce remorqueur.
3. Les missions de l’Anglian
Monarch.
La mission principale du RIAS (Remorqueur
d’Intervention, d’Assistance et de Sauvetage) Anglian Monarch est
de procéder, dans le Pas de Calais, à l’assistance (sauver un
navire et un équipage d’un péril) ou au remorquage d’urgence des
navires signalés en difficulté pour prévenir les accidents
maritimes et les pollutions sur les côtes Sud-Est de l’Angleterre
et Nord-Est de la France.
L’Anglian Monarch peut donc recevoir des
missions dans les domaines suivants :
- recherche et sauvetage ;
- lutte antipollution ;
- surveillance et identification de la navigation dans le
Dispositif de séparation du trafic (DST) du Pas de
Calais ;
Selon les termes du partenariat, le remorqueur
et l’équipage doivent être maintenus en alerte à moins de 30
minutes, 24h/24h, pour appareiller depuis un quai ou depuis un
point de mouillage.
4. Les interventions de l’Anglian Monarch
en 2004.
En 2004, " l’Anglian Monarch ", qui
dispose de capacités équivalente à celle d’un RIAS type Abeille, a
réalisé 25 interventions sur des bâtiments en panne moteur, une
intervention sur un incendie à bord d’un navire, 4 remorquages de
gros navires ainsi que des interventions d’assistances
diverses.
5. Les avantages de la coopération
internationale.
Ce dispositif de co-exploitation offre une
opportunité de coopération avec les britanniques qui n’existe pas
encore avec l’Italie et l’Espagne pour la sécurité maritime en
Méditerranée. Avec un officier parlant la langue française à bord
et embarqué à titre permanent, il s’agit d’un mode de coopération
emblématique de ce que l’on peut faire en terme de coopération
internationale dans un détroit international. De plus, le partage
du coût de cette exploitation et des capacités d’intervention de
l’Anglian Monarch a permis de dégager les économies indispensables
au redéploiement de l’Abeille Languedoc vers le Golfe de Gascogne
pour améliorer la sécurité maritime et réduire les délais
d’intervention dans cette zone.
Ce remorqueur arbore des marques distinctives sur sa coque et la
double inscription Préfecture maritime et Maritime and Coastguard
Agency (MCA).
Les moyens de prévention de l’Etat dans le
détroit du Pas de Calais et en Manche mer du Nord
Les moyens de l’Etat pour répondre aux
risques induits par le trafic maritime.
Le préfet maritime de la Manche et de la mer du
Nord, en tant qu’autorité de l’Etat en mer, coordonne l’ensemble
des moyens maritimes et aériens de l’Etat agissant en mer. Il
dispose également de tout un corpus immatériel, qui est le
fondement juridique de son action : règlements internationaux
édictés par l’Organisation Maritime Internationale (O.M.I),
législation nationale avec notamment l’outil juridique de la mise
en demeure. Les moyens " matériels " sont de deux
types : les outils de prévention et ceux d’intervention.
- La prévention.
La prévention des risques maritimes concerne la
surveillance du trafic à partir des infrastructures que mettent en
œuvre les Etats côtiers, ainsi que leurs capacités à détecter les
situations à risques au plus tôt et à intervenir en mer.
L’Etat dispose de CROSS (centres
régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage) rattachés
au ministère des transports, qui assurent la surveillance de
l’activité maritime dans la zone Manche et mer du Nord. Les
dispositifs de séparation de trafic (D.S.T.) sont au coeur du
dispositif de surveillance et de détection. Il y en a deux dans la
zone : le D.S.T. du Pas de Calais suivi par le CROSS de Gris Nez
(créé en 1975) et celui des Casquets au large de la pointe du
Cotentin, suivi par le CROSS de Jobourg (créé en 1970). Les CROSS
ont été crées dans les années 70 et surveillent un rail de
navigation obligatoire pour les navires transitant par la Manche.
En matière de secours en mer, les CROSS reçoivent les alertes
relatives à la recherche, au sauvetage et à l’assistance. Par
délégation permanente du préfet maritime, il dirigent les actions
de secours en mer. Les directeurs des CROSS veillent à ce que
l’information du COM Cherbourg et du préfet maritime soit régulière
et suffisante.
Dans les zones de responsabilité française, les
CROSS sont les représentants permanents du préfet maritime. Ils
exercent leurs responsabilités dans le cadre défini par les textes
législatifs et réglementaires en vigueur. Ils sont notamment
chargés de :
- la surveillance du trafic maritime et la conduite des
opérations de sauvetage en mer ;
- la décision d’interruption des recherches dans certains
cas ;
- l’information de la presse et des particuliers en relation avec
l’officier communication de la préfecture maritime à
Cherbourg ;
- la formation et l’entraînement du personnel.
Le centre des opérations maritimes (COM) de
Cherbourg assure la permanence du préfet maritime de la Manche et
de la mer du Nord. Le COM Cherbourg est immédiatement
informé :
- de toute situation qui d’emblée est jugée grave du fait du
nombre de personnes concernées par un événement en mer ;
- dès qu’un plan de secours à naufragés est susceptible d’être
déclenché ;
- dès que des vies humaines sont menacées, ou qu’il y a de fortes
probabilités que ce soit le cas ;
- de toute situation qui nécessite l’activation du
MANCHEPLAN ;
- de toute situation qui d’emblée est jugée grave du fait des
conséquences prévisibles sur l’environnement ;
- de toute situation impliquant un nombre important de moyens à
mettre en œuvre ;
- de toute affaire traitée même partiellement dans la zone de
compétence du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord par
un Maritime Rescue Coordination Center (MRCC), britannique ou
belge, par l’un des Maritime Rescue Subcenter (MRSC) par le CROSS
Corsen ou par les autorités des Iles anglo-normandes ;
Les sémaphores de la marine nationale
apportent une veille visuelle de l’activité en mer complémentaire
de la veille radar assurée par le CROSS. Les sémaphores
participent activement à la surveillance des eaux côtières ainsi
qu’aux opérations de recherche et de sauvetage. D’une manière plus
précise, ils prêtent leur concours pour le recueil des informations
et fournissent si nécessaire un relais de transmissions au profit
des CROSS. Ces sémaphores sont armés par des marins professionnels
qui ont suivi une formation maritime complète et spécifique de
guetteur.
Le littoral de la Manche et de la mer du Nord
compte 13 sémaphores et une vigie sur 877 km de côte.
Les sémaphores sont classés en trois groupes
selon leur situation géographique et l’importance de leurs
missions : les vigies (10 personnes), les sémaphores de
première catégorie (9 personnes) et les sémaphores de deuxième
catégorie.
Les 9 sémaphores de première catégorie (ou
permanents) assurent une veille continue en des endroits
remarquables de la côte et pour la navigation. Les Vigies sont
implantées à l’entrée des ports majeurs. Les 4 sémaphores de
2ème catégorie effectuent une veille diurne (lever au
coucher du soleil) ; leur image radar est déportée en continue
vers un sémaphore de 1ère catégorie.
Le rôle des sémaphores dans le cadre du concept de
sauvegarde maritime :
- Surveiller les espaces maritime, terrestre et
aérien ;
- Assurer un service de transmissions et informer le
commandement ;
- Surveiller le trafic maritime ;
- Assurer la présence de la Marine nationale en certains points
de la côte ;
Missions de service public
- Sauvegarde de la vie humaine (information du CROSS et du centre
des opérations maritimes de Cherbourg, le COM) ;
- Effectuer les observations météorologiques au profit du préfet
maritime et de Météo France ;
- Apporter un concours aux tâches des autres administrations dans
le cadre de la coordination de l’action de l’Etat en mer exercée
par le Préfet Maritime ;
- Prévention des pollutions maritimes accidentelles.
La mise en réseau des centres opérationnels
et des sémaphores.
Engagée dans une logique d’accroissement du
dispositif de surveillance de nos côtes, aux côtés du
ministère des transports (DAMGM) et de celui des finances
(Douanes), la marine nationale a lancé un programme de mise en
réseau de ses sémaphores avec les autres moyens de surveillance
maritime (CROSS en particulier) intitulé SPATIONAV. Ce
dispositif permettra de centraliser à partir de 2006 toutes les
informations obtenues par ces différents capteurs.
Le système d’information TRAFIC 2000 mis
en service par la Direction des Affaires maritimes en octobre 2004
complète ce dispositif. Il permet la mise en réseau d’informations
concernant les navires : position et identité, description des
marchandises dangereuses transportées, signalement des avaries ou
incidents, gestion des déchets d’exploitation ou de cargaison,
ports de départ et de destination...
Sont insérées également dans Trafic 2000 des
informations utiles à une meilleure appréhension de la situation du
trafic maritime et provenant :
- des moyens terrestres, navals et aériens des administrations
civiles et militaires intervenant en mer qui détectent et
identifient les navires en transit dans les eaux sous juridictions
françaises à l’occasion de leurs missions opérationnelles.
Les moyens d’intervention de l’Etat dans le
détroit du Pas de Calais et en Manche mer du Nord
- L’intervention
Les interventions sont conduites en Manche et
mer du Nord avec les moyens des différentes administrations
agissant en mer et la S.N.S.M..
La marine nationale dispose des moyens
affectés en zone maritime Manche – mer du Nord, basés à Cherbourg,
et des bâtiments déployés à partir de Brest, qui effectuent des
opérations de police et de surveillance ou interviennent en renfort
le cas échéant.
Pour les opérations d’assistance, de remorquage
et de lutte anti-pollution en Manche et mer du Nord, la marine
dispose en permanence de deux remorqueurs affrétés,
" l’Abeille Liberté " à Cherbourg et " l’Anglian
Monarch " basé à Douvres. Des navires spécialisés dans la
lutte anti-pollution, basés à Brest, sont susceptibles de venir
renforcer le dispositif en place pour la zone de la Manche et de la
mer du Nord.
La marine nationale a par ailleurs passé un
contrat d’affrètement à " bon de commande " avec la
société " Abeilles International " pour pouvoir disposer
sans délai de trois remorqueurs portuaires basés à Dunkerque et
Calais afin d’intervenir dans le détroit en cas de risque grave de
pollution. Ces moyens (30 à 40 tonnes de traction) permettent de
mener une intervention rapide et seraient renforcés, si besoin, par
des bâtiments de Cherbourg et de Brest.
La marine dispose enfin de deux hélicoptères
Dauphin de service public basés à Cherbourg (Maupertus) et
au Touquet. Ces hélicoptères assurent une alerte permanente
au profit du préfet maritime.
Les missions principales des Dauphin
sont :
- recherche et sauvetage en mer ;
- assistance aux navires ;
- surveillance de la navigation
commerciale avec en cas de besoin des équipes d’évaluation et
d’intervention composées d’experts (centres de sécurité des
navires, pompiers, mécaniciens, officier de police
judiciaire….;
- assistance et surveillance des
pêches ;
- lutte contre les pollutions maritimes.
Le détachement est informé d’une mission par
téléphone indifféremment par le Centre des Opérations Maritimes
(COM) de Cherbourg ou les centres régionaux opérationnels de
surveillance et de sauvetage (CROSS) de Jobourg et Gris Nez.
En cas de nécessité, la médicalisation de
l’hélicoptère est spécifiée lors de la demande de décollage.
L’alerte de service public intéresse la zone de responsabilité du
préfet maritime de la Manche – mer du Nord. Le détachement peut
néanmoins intervenir dans les zones maritimes étrangères à la
demande des pays limitrophes.
Des hélicoptères plus lourds de la marine
nationale basés à Lanvéoc (proximité de Brest), de type Super
Frelon, ainsi que les hélicoptères de type Seaking britannique et
belge peuvent par ailleurs venir compléter le dispositif aérien pré
positionné en Manche et mer du Nord.
La Gendarmerie maritime, composante
relevant de l’état-major de la marine pour ce qui concerne son
emploi, dispose de 2 patrouilleurs basés à Cherbourg et de 3
vedettes basées à Dunkerque, Boulogne et Dieppe.
Administration des affaires
maritimes :
- 2 vedettes basées à Boulogne et Ouistreham ;
- 1 patrouilleur basé à Cherbourg.
Administration des Douanes :
- 7 vedettes basées Dunkerque, Boulogne, Le Havre, Cherbourg et
Granville ;
- 3 hélicoptères basés au Havre ;
- les avions de télédétection des hydrocarbures en mer (avion de
type POLMAR) effectuent des surveillances régulières dans la zone
Manche et mer du Nord.
Gendarmerie nationale :
- 4 vedettes basées à Granville, Ouistreham, Grand-Quevilly et
Calais ;
- 6 canots rigides basés à Saint-Valery-sur-Somme, Calais,
Fécamp, Saint-Vaast-la-Hougue et les Pieux ;
- 2 hélicoptères saisonniers basés dans la Somme.
Sécurité civile : 3 hélicoptères
basés à Lille, Le Havre et Granville.
Société nationale de sauvetage en mer
(S.N.S.M.) : 47 stations équipées de vedettes, canots et
zodiacs.
Cas d’un navire en avarie en mer
1. Le rôle des
CROSS.
Information de la préfecture
maritime.
Les CROSS Jobourg et Gris-Nez s’attachent à
détecter ou à recevoir tout indice ou élément d’information qui
laisse supposer l’existence d’une situation anormale susceptible de
mettre en danger des vies humaines ou de menacer l’environnement.
Une bonne réaction de l’Etat à une telle situation suppose une
étroite coopération entre le CROSS concerné et le COM
Cherbourg.
Lorsqu’un CROSS a connaissance d’une avarie dans
sa zone de compétence, il prend alors les dispositions nécessaires
pour garder le contact avec ce navire, pour confirmer sa position
et suivre si possible sa trajectoire.
Il transmet sans délai l’information au COM
Cherbourg. Le CROSS se tient également à la disposition du préfet
maritime en indiquant au COM Cherbourg :
- la position du navire en avarie ;
- toute information reçue ou disponible concernant le navire en
avarie ;
- l’entrée du navire en avarie dans les eaux territoriales
françaises.
Le CROSS recherche auprès du navire la nature de
ses avaries, le temps escompté pour les réparer. Il confirme
ensuite ces informations à la préfecture maritime (COM).
Equipes d’évaluation ou
d’intervention.
En tant que de besoin, le CROSS propose ou
suggère les actions à mener telles que l’envoi d’une équipe
pluridisciplinaire (évaluation ou intervention) constituée
d’experts dans les domaines de la manœuvre, de l’incendie ou de la
voie d’eau. La mise en œuvre et la composition d’une équipe
d’évaluation et d’intervention est du ressort du COM Cherbourg.
Utilisation du remorqueur affrété ou
co-exploité.
Le CROSS informe le COM Cherbourg et le
remorqueur d’intervention d’assistance et de sauvetage concerné
(Abeille Liberté ou Anglian Monarch) de toute détection de navire
en avarie dans sa zone de compétence. Toute demande de concours du
RIAS formulée dans le cadre du MANCHEPLAN par un MRCC britannique
(Maritime Rescue Coordination Center, équivalent d’un CROSS) est
immédiatement répercutée sur le COM Cherbourg.
Utilisation des remorqueurs
franco-britanniques.
En cas d’urgence le CROSS Gris-Nez peut faire
appel au remorqueur franco-britannique en informant immédiatement
le COM de Cherbourg.
Appel aux moyens de remorquage
privés.
La préfecture maritime peut faire appel, par
voie de réquisition, à des moyens de remorquage privés.
2. La mise en
demeure.
L’Etat français peut prendre en haute mer et
dans ses eaux territoriales les mesures nécessaires pour prévenir,
atténuer ou éliminer les dangers graves et imminents que présente
pour ses côtes et ses intérêts connexes une pollution ou une menace
de pollution des eaux de la mer par des hydrocarbures ou par des
substances dangereuses ou nocives, à la suite d’un accident de
mer.
L’expression " accident de mer "
couvre les abordages, échouements ou autres événements survenus à
bord ou à l’extérieur du navire qui aurait pour conséquence soit
des dommages matériels, soit une menace de dommages matériels dont
pourrait être victime un navire ou sa cargaison.
L’expression " intérêts connexes "
s’entend des intérêts de l’Etat directement affectés ou menacés par
l’accident de mer et qui ont trait notamment :
- aux activités maritimes côtières, y compris aux activités de
pêche ;
- à l’attrait touristique de la région considérée ;
- à la santé des populations riveraines et à la conservation des
ressources biologiques marines, de la faune et de la flore.
Dans le cas d’avarie ou d’accident de mer, le
préfet maritime peut mettre en demeure le capitaine et l’armateur
ou le propriétaire du navire, d’un engin ou d’une plate-forme, de
prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin au danger
grave d’atteinte au littoral ou aux intérêts connexes.
Lorsqu’un navire fait l’objet d’une mise en
demeure du préfet maritime, le CROSS la transmet par tout moyen
(télécopie, téléphone, e-mail…) au commandant de ce navire. En
outre, la préfecture maritime fait parvenir la mise en demeure à
l’armateur, au capitaine, aux administrations et organismes
concernés.
Dans le cas où cette mise en demeure reste sans
effet ou lorsqu'elle n'a pas produit les effets attendus dans le
délai imparti, ou d’office en cas d’urgence (ce qui constitue un
autre mode d’action), le préfet maritime peut faire exécuter les
mesures nécessaires aux frais, risques et périls de l’armateur ou
du propriétaire.
3. Rôle de la préfecture
maritime de la Manche et de la mer du Nord.
Le COM de Cherbourg, en fonction des
informations reçues et de leur analyse, peut :
- faire appareiller un RIAS, et par l’intermédiaire du CROSS
Gris-Nez, le remorqueur franco-britannique Anglian Monarch
;
- alerter, prépositionner ou mettre en œuvre l’équipe
d’évaluation/intervention qui est pluridisciplinaire ;
- mettre en alerte ou met en œuvre un hélicoptère susceptible
d’hélitreuiller l’équipe d’évaluation ou d’intervention ;
- mettre en place les concours nécessaires de la marine nationale
à Cherbourg (base navale, marins pompiers, …) ;
- demander au COM Brest les renforts nécessaires dépendant du
commandant de la zone maritime Atlantique ;
- demander aux organismes compétents, les autres concours
nécessaires (en particuliers les sociétés de remorqueurs).
Les mesures à prendre dépendent bien évidemment
de la position du navire (eaux territoriales ou haute mer), de la
nature de ses avaries, de sa dérive, de sa cargaison ou de ses
soutes.
Le préfet maritime peut en effet envoyer cette
équipe pluridisciplinaire à bord d’un navire en difficulté pour
obtenir une information de première main et contribuer ainsi à la
prise de décision.
4. Passage du détroit du Pas
de Calais par des navires en avarie.
La référence est la convention des Nations-Unies
signée à Montego Bay le 10 décembre 1982 sur le droit de la mer qui
définit :
- le régime du transit sans entrave dans les détroits
internationaux qui doit être continu et rapide ;
- les conditions d’intervention des Etats riverains, lorsqu’un
navire marchand étranger enfreint une loi ou un règlement relatif à
la sécurité de la navigation, la régulation du trafic maritime, la
prévention, la pollution ou quand il présente une menace pour
l’environnement.
Dans les cas énumérés ci-dessus, le préfet
maritime, représentant de l’Etat français, peut prescrire les
mesures suivantes :
- le remorquage du navire en avarie par un remorqueur d’une
puissance de traction au croc suffisante et éventuellement
accompagnement par un autre remorqueur prêt à le prendre en
remorque ;
- le débarquement de la cargaison dans un port français qui
concerne les navires transportant des hydrocarbures ou des
marchandises nocives ou toxiques en vrac ;
- la réparation de l’avarie sous la surveillance d’une société de
classification et du centre de sécurité des navires du port de
réparation si la réparation se fait dans un port situé dans un Etat
adhérant au Mémorandum d’entente sur le contrôle des navires par
l’Etat du port.
En l’absence d’infraction ou de menace
caractérisée de pollution, le préfet maritime ne peut, en principe,
pas interdire le passage du détroit du Pas de Calais. Il peut
cependant fixer les conditions minimales requises permettant de
préserver la sécurité de la navigation et l’environnement lors de
son passage : remorqueur en alerte, compte rendu régulier,
accompagnement, etc….
5. Principe de la rémunération d’assistance.
Toute intervention ou opération d'assistance par un moyen de
l'Etat est effectuée aux frais et risques du bénéficiaire, le
navire assisté. C'est une application concrète du concept Pollueur
(potentiel) - Payeur. La gratuité est évidemment la règle pour le
sauvetage des vies humaines contrairement à la préservation des
biens. Dès lors que les moyens de l’Etat sauvent le navire, c'est
toujours à titre onéreux.
6. Cas d’une intervention sur un pétrolier en
avarie
L’action quotidienne vise essentiellement à
prévenir les accidents. Si un accident venait à survenir dans le
détroit, les caractéristiques de la zone maritime imposent de
réagir très rapidement. Les moyens d’intervention à la disposition
du préfet maritime, notamment le RIAS Anglian Monarch, sont
destinés à cette première réaction. Des moyens supplémentaires
peuvent, en cas de nécessité, être sollicités par le préfet
maritime.
7. Le plan POLMAR/Mer
Le plan POLMAR MER tout d’abord :
composante maritime du plan d’intervention contre les pollutions
maritimes accidentelles. Ce plan offre immédiatement au préfet
maritime les moyens juridiques et financiers d’accroître la lutte
en mer avec notamment la possibilité de procéder à des réquisition
de moyens privés.
Ce droit de réquisition est cependant ouvert
dès la menace. Le préfet maritime est chargé du déclenchement
de ce plan et de son application. Il peut aussi faire appel aux
moyens nautiques et aériens des administrations.
La préfectures maritimes de la Manche et de la
mer du Nord et les préfectures des départements du littoral sont
associées de façon réciproque aux phases essentielles d'élaboration
des plans de secours spécialisés POLMAR terre et mer. Les
préfectures des zones de défense sont également parties prenantes
aux travaux des unes et des autres.
Les plans de secours à naufragés (PSN),
co-élaborés par le préfet maritime et chaque préfet de département,
établissent une chaîne de secours continue, cohérente et
complémentaire entre l’accident en mer et les infrastructures de
secours à terre.
Enfin, les plans POLMAR Mer et PSN s’inscrivent désormais dans
la déclinaison du nouveau dispositif ORSEC et notamment du plan
ORSEC Maritime.
8. Le Mancheplan.
Le Mancheplan : cet accord conclu
entre la Grande-Bretagne, la France (la Belgique et l’Irlande sont
observateurs), permet l’action concertée et la mise en commun des
moyens des Etats bordant la Manche et la mer du Nord pour toute
opération d’assistance, de sauvetage et de lutte contre les
pollutions. Il est fréquemment mis en œuvre pour des opérations de
sauvetage, et il est parfaitement rôdé. Dans le cas d’une
pollution, il s’accompagnerait de la mise à disposition d’avions
équipés de moyens d’épandage de dispersants, d’équipements
anti-pollution (navires, barrages,…) et d’experts.
9. L’accord de Bonn.
L’accord de Bonn (1983) a été signé par
les Gouvernements de la République fédérale d'Allemagne, du Royaume
de Belgique, du Royaume de Danemark, de la République française, du
Royaume de Norvège, du Royaume des Pays-Bas, du Royaume de Suède,
du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et la
Communauté économique européenne.
Cet accord permet notamment une coopération
active et l’utilisation de navires spécialisés d’autres nations
européennes dans le seul domaine de la lutte anti-pollution, comme
cela a été le cas dans l’accident du " Ievoli Sun "
(navire allemand) et du pétrolier Prestige en novembre 2002.
Ces différents plans, déclenchés par le
préfet maritime, sont mis en action périodiquement lors d’exercices
organisés avec les administrations concernées et les organismes
spécialisés :
- 2005 : Manchex 2005 (combiné secours à naufragés et
antipollution) ;
- 2004 : Cotentex 2004, Manchex 2004 et Polmar Nord 2004
etc.
La notion de port refuge
De nombreuses choses ont été dites sur cette
notion aussi vieille que la navigation et que les nombreuses digues
construites pour protéger les ports. Un port-refuge n’est pas un
port " poubelle ". Les normes en cette matière sont une
application textuelle d’une pratique ancestrale : un navire en
danger doit pouvoir se mettre à l’abri. La navigation moderne
implique un certain nombre de précautions. On ne peut guère
demander à un super tanker de se réfugier dans le port de Dieppe
qu’il risque de paralyser. Le navire doit simplement être guidé
vers un port ou un lieu approprié à sa taille et à ses avaries.
Le préfet maritime peut demander à un navire de
se diriger vers une zone " refuge ". Par exemple, en
1997, le préfet maritime avait désigné l’anse du Becquet près de
Cherbourg pour échouer le porte conteneurs Rosa M qui menaçait de
couler. Cette décision est du ressort exclusif du préfet maritime
et il en assume seul la responsabilité, en tenant bien entendu, les
autorités terrestres informées.
En revanche, lorsqu’il s’agit de choisir un port
refuge, un processus de concertation se met en place. En février
2005, le cargo Swing est entré dans le dispositif de séparation du
trafic (DST) des Casquets avec une gîte importante (environ 10°)
d’origine non connue. Outre l’escorte de l’Abeille Languedoc lors
de la traversée de la Manche, il a été décidé d’hélitreuiller à
bord du cargo une équipe d’évaluation
" pluridisciplinaire ". Celle-ci se composait d’un
spécialiste du Centre de Sécurité des Navires, d’un pilote
portuaire, d’un officier de la préfecture maritime et de
spécialistes de mécanique marine. Ils ont pu examiner les dégâts du
navire et fournir leur analyse déterminant la cause de la gîte au
préfet maritime. Le danger de naufrage existait. Le port du Havre a
donc été désigné comme " port refuge " obligatoire du
navire. Ce port était le plus approprié pour les réparations à
fournir, et il a été jugé que le navire pouvait l’atteindre sans
dommages, ce qui a été le cas.
Au bilan, il s’agit d’un jugement souple et au
cas par cas, en aucun cas de règles arbitraires.
FICHE TECHNIQUE DE L’ANGLIAN MONARCH

Remorqueur d’intervention franco-britannique
Anglian Monarch
Port d’attache : Lowestoft
Dimensions :
- longueur : 58 mètres
- largeur : 14,10 mètres
- tirant d’eau : 6,80 mètres
Capacité de remorquage : 150 tonnes au croc pour 1 400
mètres de remorque
Le remorqueur d’intervention franco-britannique
Anglian Monarch, c’est :
- des équipements de navigation moderne (deux radars, un
écho-sondeur, pilote automatique…)
- des équipements de sauvetage adaptés (deux pompes portables,
deux générateurs portables, des équipements de découpe et de lutte
contre les voies d’eau, cinq canots de sauvetage, quatre pompes
submersibles…).
ANNEXE
Les principales interventions du RIAS Anglian
Monarch
sous la responsabilité du préfet maritime.
1. Le 19 octobre 2004. La préfecture
maritime de la Manche et de la mer du Nord a organisé un
exercice de lutte contre une pollution par les
hydrocarbures. Cet exercice, qui avait pour objectifs
l'entraînement du personnel et la mise en oeuvre de moyens et
matériels spécialisés diversifiés de lutte antipollution, s'est
déroulé sans encombre au large du port autonome de Dunkerque, le
mardi 19 octobre 2004.
Il a donné lieu dans le cadre des dispositifs du
plan POLMAR/Mer et du MANCHE PLAN à la mobilisation de plusieurs
navires dont le Remorqueur de Haute Mer "Anglian Monarch",
co-affrété par la France et la Grande-Bretagne, le bâtiment de
Soutien d'Assistance et de Dépollution "Argonaute", du remorqueur
de la garde côtière belge "Valcke" ainsi que plusieurs
chalutiers.
2. Le 12 août 2004. Disparition d’un marin au large de
Boulogne.
Au nord de Boulogne-sur-Mer, le fileyeur "
Baroudeur des Mers " signale au C.R.O.S.S. Gris-Nez un homme à la
mer. Les moyens d’intervention aériens et nautiques suivants ont
été dépêchés sur zone : l’hélicoptère de la Marine nationale " GW "
basé au Touquet, l’hélicoptère belge de sauvetage Seaking basé à
Coxyde, l’hélicoptère de la gendarmerie d’Amiens et l’hélicoptère
des douanes françaises basé au Havre, la vedette S.N.S.M. "
Président Jacques Huret " et le zodiac S.N.S.M. de
Boulogne-sur-Mer, le remorqueur franco-britannique " Anglian
Monarch ", la vedette des douanes " Vent d’Aval " de
Boulogne-sur-Mer, la vedette de la gendarmerie maritime " Scarpe
"de Boulogne-sur-Mer et la vedette de la gendarmerie départementale
" Tom Souville " de Calais. Après investigations et en l’absence
d’éléments nouveaux, les opérations de recherche ont été
interrompues le 13 août sur ordre du préfet maritime de la Manche
et de la mer du Nord. (1 personne portée disparue).
3. Le 20 avril 2004. Avarie machine à bord du
" Cervin ".
Au Nord de Dunkerque, le chimiquier " Cervin "
signale au CROSS Gris-Nez être à la dérive à la suite d’une avarie
machine. Le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord a mis
en demeure le navire de faire cesser le danger qu’il représentait
pour le trafic maritime. Le remorqueur franco-britannique "
Anglian Monarch " et l’hélicoptère de service public de la
Marine nationale basé au Touquet se sont rendus sur zone. En
reconnaissance, l’hélicoptère n’a constaté aucune pollution ni
dégagement de fumée anormale. Le remorqueur " Anglian Monarch " a
pris en remorque le chimiquier à destination de la zone de
mouillage de Westhinder (Belgique).
4. Le 20 avril 2004. Ce jour à 15h35, le
centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de
Gris-Nez (CROSS Gris-Nez) a signalé le chimiquier libérien
CERVIN, transitant à vide, en difficulté à 25 nautiques au
Nord de Dunkerque. Le problème semblait être alors un incendie
compte tenu d’un fort dégagement de fumée dans le compartiment
machine. A 15h54, le remorqueur franco-britannique Anglian
Monarch a été envoyé par le CROSS pour rejoindre la zone.
Au même moment un vol de reconnaissance a été réalisé par le
dauphin de service public du Touquet. Ce dernier n’a constaté
aucune pollution, ni dégagement de fumée anormal.
L’équipe d’intervention des centres de sécurité
des navires de Dunkerque et de Boulogne ainsi que les marins
pompiers de la Marine nationale de Cherbourg avaient été placés en
alerte. En vain, puisque le navire a précisé que son avarie machine
était due à un problème de piston, confirmation ayant été donnée de
l’absence d’incendie à bord du navire. Le bâtiment, continuant de
dériver en raison de son avarie machine, a été mis en demeure par
le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord de faire
cesser le danger qu’il représentait pour le trafic maritime et par
voie de conséquence pour le littoral et les intérêts connexes de la
France. A 18h40, le CERVIN a passé remorque avec
l’Anglian Monarch. Le convoi fait route vers la
zone de mouillage de Westhinder (Belgique), à environ 15 nautiques
au nord-ouest d’Ostende. Le bâtiment qui mouillera ce soir en ce
point indique pouvoir réparer son avarie machine.
5. Le 17 juillet 2003. Un voilier perd
son safran à la sortie du D.S.T. du Pas de Calais.
A la sortie de la voie montante du D.S.T. du Pas
de Calais, le voilier Gallant signale au CROSS Gris-Nez la
perte de son safran. La vedette S.N.S.M. Jean Bart 2 de
Dunkerque, la vedette S.N.S.M. Notre-Dame du Risban de
Calais, le patrouilleur de service public de la Marine nationale
Flamant et le remorqueur d’intervention franco-britannique
Anglian Monarch se rendent sur zone. La vedette S.N.S.M.
Jean Bart 2 prend en remorque le voilier à destination du
port de Dunkerque. Liberté de manœuvre est donnée aux moyens de
secours engagés.
6. Le 17/06/2003. Un chalutier en feu au
large de Boulogne : les 5 membres d'équipage sains et saufs.
Le chalutier Antoine, en feu au large
Boulogne-sur-Mer la nuit dernière, a pu regagner son port d'attache
(Boulogne) ce matin, remorqué par le chalutier Souveraine.
Le chalutier Gloire à Marie avait, dans un premier
temps, récupéré les 5 membres d'équipage de l'Antoine sains
et saufs. L'incendie a pu être maîtrisé grâce à l'intervention de
l'hélicoptère de la Marine nationale basé au Touquet, du
patrouilleur de service public de la Marine nationale
Pluvier, et du chasseur de mines britannique HMS
Cattistock. A 00h32 ce mardi 17 juin le Centre régional
opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Gris-Nez
est informé par le chalutier Gloire à Marie que le chalutier
Antoine est en feu à environ 15 nautiques à l'ouest de
Boulogne, dans la zone de séparation entre le rail montant et le
rail descendant. Les 5 membres d'équipage sont immédiatement
récupérés sains et saufs par un chalutier à proximité, le Gloire
à Marie. Mais aucun des chalutiers à proximité du sinistre n'a
de moyen de lutte contre l'incendie.
L'hélicoptère de service public de la Marine
nationale du Touquet, mis en alerte à 00h41, arrive sur zone à
01h20 avec à son bord une pompe à incendie. Un chasseur de mines
britannique qui croisait dans la zone, le HMS
Cattistock, se déroute à la demande du CROSS. Parallèlement,
le remorqueur d'intervention Anglian Monarch, co-affrété par
la France et la Grande-Bretagne, ainsi que le patrouilleur de
service public (PSP) de la Marine nationale Pluvier (basé à
Cherbourg), sont déroutés par le CROSS vers le lieu du sinistre.
Ils sont à deux heures de ralliement. Les canots de la Société
nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Dieppe et de Calais sont
mis en alerte, mais seul celui de Calais appareille car les moyens
sur zone sont suffisants. L'hélicoptère de la Marine, arrivé très
rapidement sur zone, n'a pu intervenir directement sur
l'Antoine car la fumée se dégageant du chalutier est trop
épaisse. Il décide donc, avec l'accord du CROSS de Gris-Nez,
d'hélitreuiller son plongeur avec la pompe sur le chalutier la
Souveraine. Le plongeur et les pêcheurs maîtrisent le feu
rapidement. Arrivé sur les lieux à 02h10, le HMS Cattistock
refroidit la coque de l'Antoine. A 02h45 le PSP
Pluvier arrive sur zone et met à l'eau son zodiac pour une
investigation du chalutier. Le feu est bien maîtrisé, mais l'air
dans le compartiment machine est vicié. Après le départ de
l'hélicoptère vers le Touquet, la Souveraine, ayant conservé
à son bord le plongeur de la Marine et deux marins du chalutier
sinistré, prend en remorque l'Antoine. L'Anglian
Monarch, resté à proximité prêt à intervenir, escorte le convoi
qui est arrivé vers 07h30 ce matin à Boulogne. Par sécurité et
suite au compte-rendu du l'équipe d'investigation du
Pluvier, une équipe de sapeurs pompiers de Boulogne a été
dépêchée sur l'Antoine ce matin par le CROSS de Gris-Nez et
confirment qu'il n'y a plus aucun risque à bord. Le Bureau enquête
accident / mer (BEA/mer) a ouvert une enquête technique et
administrative afin de déterminer les causes du sinistre.
7. Le 15 mai 2003. Feu à bord du chalutier "P'tite Manue".
Au Sud-Ouest de Boulogne-sur-Mer, le chalutier "
P’tite Manue II " signale au C.R.O.S.S. Gris-Nez un incendie à
bord. Les chalutiers " Saint-Louis de Gonzague " et " Stapula ",
l’hélicoptère de service public de la marine nationale " GW " basé
au Touquet, le remorqueur de haute mer " Anglian Monarch "
et la vedette S.N.S.M. " Jacques Huret " de Boulogne-sur-Mer se
rendent sur zone. Les trois membres d‘équipage sont récupérés par
le chalutier " Saint-Louis de Gonzague " et évacués vers l’hôpital
de Boulogne-sur-Mer. Malgré l’extinction de l’incendie, le
chalutier a coulé par 25 m de fond. Un avis urgent aux navigateurs
a été diffusé et le préfet maritime de la Manche et de la mer du
Nord a mis en demeure l’armateur de relever l’épave présentant un
danger pour la navigation.
8. Le 18 août 2002. Abordage entre deux
navires aux abords de Calais
Le 17 août à 23h00 locales, le "CIC Pride",
minéralier de 170 000 tonnes, battant Pavillon panaméen, a abordé
"l'Iron Queen", minéralier de 160 000 tonnes, battant pavillon de
l'île de Man, qui était mouillé en zone d'attente du port de
Dunkerque. Ces deux navires transportent du minerai de fer. A la
suite de cette collision, les deux bâtiments ont subi des voies
d'eau importantes, que les équipages ont pu maîtriser sans aide
extérieure. Les opérations d'assistance ont été coordonnées par le
Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
(C.R.O.S.S.) de Gris-Nez, sous l'autorité du Préfet maritime, et
ont fait appel à l'hélicoptère dauphin de service public de la
Marine nationale basé au Touquet, au remorqueur anglais "Anglian
Monarch" (affrété conjointement par la France et la
Grande-Bretagne) et à une équipe d'évaluation, envoyée à bord du
"CIC Pride", plus sévèrement touché. Les deux navires sont
actuellement au mouillage en zone d'attente. "L'Iron Queen" devrait
rentrer au port Ouest de Dunkerque en fin d'après-midi. Aucune
pollution n'est à redouter.
9. Le 19 août 2002. Abordage entre deux navire aux abords
de Calais (suite). La situation est stable concernant la collision
dans la zone de mouillage du port de Dunkerque de deux minéraliers
transportant du minerai de fer (le "CIC Pride", 170 000 tonnes
battant pavillon panaméen, et "l'Iron Queen", 160 000 tonnes
battant pavillon de l'île de Man). "L'Iron Queen" a pu rapidement
maîtriser la voie d'eau qui s'était produite et regagner le port de
Dunkerque dans l'après-midi du dimanche 18 août. Le "CIC Pride" a
en revanche subit une brèche importante de plus de six mètres sur
son flanc bâbord occasionnant une voie d'eau dans deux de ses
cales. A partir des premiers éléments communiqués par le Centre
opérationnel de surveillance et de sauvetage (C.R.O.S.S.) de
Gris-Nez, le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord a
fait immédiatement envoyer sur zone une équipe d'évaluation par
l'hélicoptère de service public de la Marine nationale basé au
Touquet. A partir de cette investigation, l'équipe a écarté tout
risque pour l'environnement et la sécurité de la navigation (le
navire est dans la zone de mouillage du port de Dunkerque).
L'armateur du "CIC Pride" a dépêché une équipe de plongeurs pour
colmater la brèche, ce qui devrait être terminée avant demain
matin. Le "CIC Pride" doit rejoindre le port de Dunkerque dans la
journée de demain, mardi 20 août. Le remorqueur d'intervention
"Anglian Monarch" (affrété conjointement par la France et la
Grande-Bretagne) reste en alerte sur zone jusqu'à la rentrée dans
le port de Dunkerque du navire. Les opérations se sont déroulées
avec une parfaite coordination entre les différents moyens à
disposition du Préfet maritime (Marine nationale, C.R.O.S.S.
Gris-Nez, "Anglian Monarch") et les autorités portuaires du
port autonome de Dunkerque ainsi que l'armateur du "CIC Pride". Une
double enquête est actuellement en cours pour déterminer les
responsabilités de cette collision: l'une de la gendarmerie, et
l'autre du Bureau enquêtes accidents mer (B.E.A. Mer, qui dépend du
Ministère de l'équipement, des transports, du tourisme et de la
mer).