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Préfecture Maritime de la Manche et de la Mer du Nord

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lettre du préfet maritime N°12 été 2008

Le 17/09/2008




 

Chers internautes, marins, passionnés de la mer,


Cette lettre du préfet maritime est pour moi une occasion régulière de vous faire part de réflexions sur des sujets maritimes et l’action de l’Etat en mer.

La mer est un espace où s’exercent des activités importantes, voire vitales. Ces activités s’exercent dans un milieu qu’il convient de préserver des atteintes environnementales afin d’aller dans le sens du développement durable.

Pour cette lettre d’ouverture de la saison estivale 2008, j’ai souhaité aborder trois sujets liés à ces activités et à la gestion des risques : la recherche et la répression des infractions relatives aux rejets illicites en mer, la préparation à la lutte contre les pollutions accidentelles et le lancement de la campagne de sécurité des loisirs nautiques.



En premier lieu, la recherche et la répression des infractions relatives aux rejets illicites en mer.

Le nombre d’observations confirmées de pollutions en Manche et mer du Nord est de 25 pour l’année 2007. C’est le plus faible nombre d’observations enregistré dans cette zone très fréquentée. Une tendance à la diminution des infractions, amorcée au cours des deux années précédentes, semble se confirmer.

La résonance médiatique sur les déroutements de navires pollueurs pris en infraction, les condamnations judiciaires prononcées, l’optimisation de la surveillance ainsi que la réalisation d’opérations internationales type « coup de poing », opèrent une dissuasion remarquée et efficace.

La surveillance par satellite, fournie par l’Agence européenne de sécurité maritime à Lisbonne, a permis par ailleurs de compléter l’action des moyens nautiques et aériens des administrations de l’Etat. En 2007, près de 90 passages de satellites sont venus soutenir et enrichir cet important travail de surveillance de nos eaux.

L’efficacité de l’identification formelle des auteurs de rejets illicites devrait donc s’accroître encore, grâce au croisement des résultats des observations faites par le satellite avec d’autres informations récoltées sur des pistes radar ou à partir des systèmes d’identification et de suivi des navires en mer.

Il faut également noter la mise en service de nouveaux hélicoptères au sein des Douanes, tous dotés d’une caméra infrarouge pour les missions de nuit.

Enfin, la réalité physique de la zone maritime, longue et étroite, et les liens existants dans le cadre du Manche plan et de l’Accord de Bonn nous conduisent à une forte coopération internationale dans ce domaine avec les pays riverains. Elle nous impose aussi une très grande réactivité tant dans la détection que dans le traitement des pollutions.

La préparation à la lutte contre les pollutions accidentelles ensuite.

D’importants efforts ont été réalisés ces dernières années pour aller d’une part dans le sens de l’amélioration du niveau de sécurité pour les équipages, les passagers, les marchandises transportées, les navires, et d’autre part dans le sens de la réduction des risques pour le milieu marin et les activités côtières.

Mais la France, qui a modernisé ses moyens spécialisés pour être en mesure d’apporter la meilleure réponse publique dans la prévention et la gestion d’un événement accidentel, en limitant ses conséquences en mer et sur le littoral, reste exposée aux risques inhérents du trafic maritime qui longe ses côtes.

La responsabilité de la lutte contre les pollutions accidentelles en mer est confiée à la marine nationale qui élabore la politique générale dans ce domaine. L’anticipation, l’entraînement régulier des navires récupérateurs affrétés par la marine ou privés, leur guidage par des aéronefs, le suivi des pollutions, les prévisions de dérive, la mobilisation internationale, l’appui des experts pour l’analyse des risques, le soutien logistique du dispositif de lutte mis en place par le préfet maritime et la coordination avec les services de l’Etat à terre sont les éléments clefs de l’efficacité de l’action en mer.


C’est à ce titre que la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord vient d’organiser un exercice de lutte antipollution au large de Barfleur (Manche). Le thème était orienté sur l’assistance à un pétrolier en difficulté, nécessitant l’activation d’une cellule de crise, l’intervention d’une équipe d’évaluation, l’utilisation de la procédure « lieu de refuge » et la mise en œuvre de différents moyens de lutte antipollution. Des navires d’Etat ont été déployés depuis la base navale de Cherbourg. La volonté de renforcer et de diversifier les moyens de lutte a conduit la préfecture maritime à rechercher la contribution d’un chalutier et la participation, pour la première fois en Manche, de « l’Ile de Bréhat », navire affrété par l’agence européenne de sécurité maritime.


Enfin, la bonne gestion d’un accident maritime suppose une coopération étroite et indispensable entre autorités maritimes et terrestres. C’est dans cet esprit que la cellule de crise de la préfecture maritime a pu travailler avec la préfecture de zone de défense, le service interministériel de défense et de protection civile du département de la Manche (SIDPC 50), un armateur, le CROSS Jobourg, maillon essentiel de détection et de coordination, et le sémaphore de Barfleur.

Je souhaitais conclure cette lettre du préfet maritime par un sujet d’actualité, avec le lancement de la campagne nationale de sécurité des loisirs nautiques, au moment ou de nombreux vacanciers vont se rendre sur notre façade maritime et profiter des plaisirs et des loisirs de la mer.


Comme l’an dernier, je vous invite à la prudence et à rester à l’écoute des grands messages qui seront diffusés notamment par le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire et le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Plusieurs organismes vont s’associer à cette campagne dont la Société nationale de sauvetage en mer, qui a toujours besoin de vos dons, ainsi que les administrations de l’Etat dont le service hydrographique et océanographique de la marine. Outre les actions de prévention, les opérations de contrôle qui seront menées sur les quais et en mer, la préfecture maritime relaiera également vers la presse et sur son site internet les messages de prudence sur les activités de plongée, de baignade et de nautisme. Plus de 1700 contrôles ont été réalisés en 2007 et près de 400 procès-verbaux ont été dressés pour des comportements dangereux. Il y a encore trop d’infractions liées au matériel de sécurité, à une vitesse excessive, au défaut de titre de conduite et trop d’imprudence dans les activés de plongée, de baignade, trop d’insouciance dans la pratique du nautisme.


Chers internautes, capitaines de navires, marins, passionnés de la mer, la prévention a toujours été la meilleure recette contre la fatalité. La protection de notre environnement et la sauvegarde de la vie humaine en mer doivent être l’affaire et la responsabilité de tous, deux préoccupations majeures que nous devons partager pour poursuivre ensemble notre marche vers plus de sécurité.

Très bonnes vacances à toutes et à tous.


Contre-amiral Philippe Périssé

Préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord