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Préfecture Maritime de la Manche et de la Mer du Nord

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Communiqués de presse

Point de situation n° 20 sur le traitement du chimiquier ECE

Paru : Le 18/09/2006


Point de situation n° 20 sur le traitement du chimiquier ECE

 

Le chimiquier " ECE " qui battait pavillon des îles Marshall a fait naufrage au cours de la nuit du 1er février 2006 dans une zone située à 50 nautiques (92 km) du nez de Jobourg (Manche) et à 30 nautiques (55 km) de l'île anglo-normande de Guernesey, à la suite d’une collision avec le vraquier maltais " GENERAL GROT ROWIECKI ".

Dès réception de l'alerte, des opérations d’assistance et de sauvetage nécessitant des moyens aériens et nautiques importants ont été coordonnées par le CROSS Jobourg en relation avec la préfecture maritime de la manche et de la Mer du Nord et la Maritime and Coastguard Agency. Les opérations menées durant la nuit ont permis de réaliser le sauvetage de tous les membres d’équipage du bâtiment.

Le navire git sur son côté bâbord, cap au sud et à une profondeur de 70 mètres. Il est enfoncé dans le sable et ne représente pas un danger pour la navigation.

Le plan de coopération franco-britannique " MANCHEPLAN " a été déclenché le 1er février pour traiter les conséquences potentielles de cet accident. L’armateur de " l’ECE " a été mis en demeure par le préfet maritime de faire cesser le danger que son navire et la cargaison constituaient pour l’environnement. La zone du naufrage a été par ailleurs placée sous surveillance et le milieu marin a fait l’objet d’un suivi scientifique permanent, avec le concours de moyens spécialisés engagés par les Etats français et britannique.

Les autorités maritimes française et britannique (le Secretary of State Representative) ont exigé de l’armateur un plan d'actions. Répondant à ses obligations, celui-ci a fait investiguer dans un premier temps la coque du chimiquier par sonar et robot télé guidé.

Après un appel d’offres international, l’armateur a passé contrat avec la société " DRONIK " pour assurer la maîtrise d’œuvre d’un chantier sous-marin, qui a rassemblé à compter du 29 août dernier, la barge spécialisée " NORMA ", renforcée par le navire de soutien et de dépollution " BLUE CASTOR " et le remorqueur " STEVNS OCEAN ".

 

La coque côté tribord, la quille, l’étrave, le pont principal et les superstructures du chimiquier ont été minutieusement inspectés. Les images ont montré que le navire était gravement endommagé du fait de la collision, du naufrage et des implosions liées aux contraintes de pression lorsqu’il a coulé. Des déchirures et des déformations importantes ont été notamment constatées sur la coque et les structures côté tribord.

Les différents moyens mis en œuvre (robots sous-marins, système de pompage) ont effectué de nombreuses interventions sur les différentes soutes de la coque. Le maître d’œuvre de " DRONIK " ayant exploité l’ensemble de leurs capacités techniques, le chantier s’est achevé tôt ce matin, lundi 18 septembre. Ces moyens importants, mis en œuvre aux frais de l’armateur, auront ainsi été mobilisés pendant 21 jours sur zone.

A ce jour, 76 % de la cargaison (acide phosphorique) ont été progressivement libérés sans augmentation significative du taux de phosphates dans le milieu marin, confirmant ainsi la dilution très rapide du produit. Le reste de la cargaison est mis en communication avec l’eau de mer par l’ouverture des tubes d’évents.

Pour ce qui concerne les hydrocarbures, les investigations ont montré qu’une des trois soutes tribord présentait une brèche importante et qu’elle était vide. Les deux autres soutes, qui contenaient 39 tonnes d’IFO 180 (intermediate fuel oil) avant la collision, situées derrière la soute éventrée, se sont révélées inaccessibles. 

Les caisses à huiles de lubrification sont situées dans le dévers de coque à l’arrière du navire. Les deux caisses les plus importantes ont été pompées, permettant ainsi la récupération de 13,4 tonnes. La courbure de la coque, très déformée, n’a pas permis d’utiliser le robot pour pomper les deux autres caisses, plus petites, qui contenaient moins de 9 tonnes de lubrifiants lors de la collision.

Par rapport à ces estimations, une partie de ces hydrocarbures s’est probablement échappée sous l’effet de la pression et des déformations de la structure du navire, comme l’a révélé l’investigation de la première des trois soutes de fuel.

A l’issue de ces investigations et interventions conduites par l’armateur, le risque présenté par la cargaison a été traité et celui lié aux hydrocarbures résiduels contenus dans la coque lors du naufrage est très sensiblement réduit.

Suivi de la qualité du milieu marin

La surveillance de la zone ainsi que le suivi scientifique de la qualité de l’eau sera poursuivi à un rythme adapté. Les dernières mesures effectuées sur la zone de " l’ECE " se situent dans la fourchette de la concentration naturelle moyenne des phosphates dans la zone qui est de l’ordre de 0,05 milligramme par litre avec des fluctuations normales allant jusqu’à 0,1 milligramme par litre.

Ceci permet de prévoir une levée prochaine de l’interdiction de pêche et des activités nautiques dans la zone.

 

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