Point de situation n° 20 sur le traitement du
chimiquier ECE
Le chimiquier " ECE " qui battait
pavillon des îles Marshall a fait naufrage au cours de la nuit du
1er février 2006 dans une zone située à 50 nautiques (92
km) du nez de Jobourg (Manche) et à 30 nautiques (55 km) de l'île
anglo-normande de Guernesey, à la suite d’une collision avec le
vraquier maltais " GENERAL GROT ROWIECKI ".

Dès réception de l'alerte, des opérations
d’assistance et de sauvetage nécessitant des moyens aériens et
nautiques importants ont été coordonnées par le CROSS Jobourg en
relation avec la préfecture maritime de la manche et de la Mer du
Nord et la Maritime and Coastguard Agency. Les opérations menées
durant la nuit ont permis de réaliser le sauvetage de tous les
membres d’équipage du bâtiment.
Le navire git sur son côté bâbord, cap au sud et à une
profondeur de 70 mètres. Il est enfoncé dans le sable et ne
représente pas un danger pour la navigation.
Le plan de coopération franco-britannique
" MANCHEPLAN " a été déclenché le 1er février
pour traiter les conséquences potentielles de cet accident.
L’armateur de " l’ECE " a été mis en demeure par le
préfet maritime de faire cesser le danger que son navire et la
cargaison constituaient pour l’environnement. La zone du naufrage a
été par ailleurs placée sous surveillance et le milieu marin a fait
l’objet d’un suivi scientifique permanent, avec le concours de
moyens spécialisés engagés par les Etats français et
britannique.
Les autorités maritimes française et britannique
(le Secretary of State Representative) ont exigé de l’armateur un
plan d'actions. Répondant à ses obligations, celui-ci a fait
investiguer dans un premier temps la coque du chimiquier par sonar
et robot télé guidé.
Après un appel d’offres international,
l’armateur a passé contrat avec la société " DRONIK " pour
assurer la maîtrise d’œuvre d’un chantier sous-marin, qui a
rassemblé à compter du 29 août dernier, la barge spécialisée
" NORMA ", renforcée par le navire de soutien et de
dépollution " BLUE CASTOR " et le remorqueur
" STEVNS OCEAN ".
La coque côté tribord, la quille, l’étrave, le
pont principal et les superstructures du chimiquier ont été
minutieusement inspectés. Les images ont montré que le navire était
gravement endommagé du fait de la collision, du naufrage et des
implosions liées aux contraintes de pression lorsqu’il a coulé. Des
déchirures et des déformations importantes ont été notamment
constatées sur la coque et les structures côté tribord.
Les différents moyens mis en œuvre (robots
sous-marins, système de pompage) ont effectué de nombreuses
interventions sur les différentes soutes de la coque. Le maître
d’œuvre de " DRONIK " ayant exploité l’ensemble de leurs
capacités techniques, le chantier s’est achevé tôt ce matin, lundi
18 septembre. Ces moyens importants, mis en œuvre aux frais de
l’armateur, auront ainsi été mobilisés pendant 21 jours sur
zone.
A ce jour, 76 % de la cargaison (acide
phosphorique) ont été progressivement libérés sans augmentation
significative du taux de phosphates dans le milieu marin,
confirmant ainsi la dilution très rapide du produit. Le reste de la
cargaison est mis en communication avec l’eau de mer par
l’ouverture des tubes d’évents.

Pour ce qui concerne les hydrocarbures, les
investigations ont montré qu’une des trois soutes tribord
présentait une brèche importante et qu’elle était vide. Les deux
autres soutes, qui contenaient 39 tonnes d’IFO 180 (intermediate
fuel oil) avant la collision, situées derrière la soute éventrée,
se sont révélées inaccessibles.
Les caisses à huiles de lubrification sont
situées dans le dévers de coque à l’arrière du navire. Les deux
caisses les plus importantes ont été pompées, permettant ainsi la
récupération de 13,4 tonnes. La courbure de la coque, très
déformée, n’a pas permis d’utiliser le robot pour pomper les deux
autres caisses, plus petites, qui contenaient moins de 9 tonnes de
lubrifiants lors de la collision.
Par rapport à ces estimations, une partie de ces
hydrocarbures s’est probablement échappée sous l’effet de la
pression et des déformations de la structure du navire, comme l’a
révélé l’investigation de la première des trois soutes de fuel.
A l’issue de ces investigations et
interventions conduites par l’armateur, le risque présenté par la
cargaison a été traité et celui lié aux hydrocarbures résiduels
contenus dans la coque lors du naufrage est très sensiblement
réduit.
Suivi de la qualité du milieu marin
La surveillance de la zone ainsi que le suivi
scientifique de la qualité de l’eau sera poursuivi à un rythme
adapté. Les dernières mesures effectuées sur la zone de
" l’ECE " se situent dans la fourchette de la
concentration naturelle moyenne des phosphates dans la zone qui est
de l’ordre de 0,05 milligramme par litre avec des fluctuations
normales allant jusqu’à 0,1 milligramme par litre.
Ceci permet de prévoir une levée prochaine de l’interdiction de
pêche et des activités nautiques dans la zone.
Cliquez ici pour retrouver le dossier
complet.