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Communiqués de presse

Point de situation n° 19 sur le traitement du chimiquier Ece

Paru : Le 08/09/2006


Point de situation n° 19 sur le traitement du chimiquier Ece

(naufrage du 1er février 2006)

1 Mise en place du dispositif de dépollution par l’armateur du chimiquier ECE

 

Le navire de dépollution et de soutien " BLUE CASTOR " et la Barge " NORMA " remorquée par le " STEVNS OCEAN " sont arrivés respectivement lundi 28 et mardi 29 septembre sur la position du chimiquier ECE. La barge " NORMA " est une plate-forme spécialisée qui met en œuvre les engins utilisés par le maître d’œuvre, la société " DRONIK MARITIME CONSULTANTS ", pour la conduite de ce chantier sous-marin de dépollution. Les experts de " DRONIK " ont calibré les instruments de navigation et réglé les systèmes informatiques de guidage et de suivi des trois robots sous-marins embarqués avant l’ouverture du chantier. La barge " NORMA " utilise quatre points d’ancrage pour sa stabilité à l’aplomb de " l’ECE ".

Le déroulement de ce chantier techniquement complexe (interventions par robot à 70 mètres de profondeur) est fortement tributaire des conditions météorologiques et océanographiques de la zone. Actuellement, les courants (supérieurs à 2,5 nœuds), les creux de la mer (près de 2,5 mètres aujourd’hui), les vents (35 nœuds en rafales ce jour soit 65 km/h) et la visibilité sous la surface, qui diminue avec l’augmentation du phénomène de brassage consécutif aux forts coefficients de marées actuels (coefficient à 111 ce jour et 115 demain), limitent l’utilisation des engins sous-marins et peuvent conduire le maître d’œuvre à décider une suspension temporaire du chantier pour organiser un repli du dispositif vers une zone protégée.

 

2 Traitement de la cargaison (acide phosphorique).

 

Les premières inspections par robot sous marin ont débuté sur les six citernes de la cargaison en début de matinée le jeudi 31 août. Ces investigations ont permis de vérifier et d’actualiser le premier diagnostic réalisé en février par l’armateur du chimiquier. Les opérateurs du chantier de " DRONIK " ont estimé que sur les 10 000 tonnes d’acide phosphorique que contenait le chimiquier avant la collision du 31 janvier dernier, près de 4 000 tonnes ont été libérées dans la période du 1er février au 30 août, à la veille de l’ouverture du chantier.

Le processus de libération progressive et sous surveillance de la cargaison a débuté avec l’intervention d’un robot sous-marin le jeudi 31 août. Le maître d’œuvre a par ailleurs suspendu pendant quelques jours les opérations de traitement de la cargaison afin de réaliser des adaptations techniques sur le bras manipulateur du robot utilisé pour l’ouverture des points d’accès aux 6 citernes.

 

Ces opérations de libération progressive de l’acide phosphorique ont repris hier, jeudi 7 septembre, avec l’ouverture du point d’accès à la citerne 4 C, sous la surveillance du bâtiment de soutien de région " ELAN ". La situation des citernes qui contenaient l’acide phosphorique est aujourd’hui la suivante :

  • 1C : ouverte ;
  • 2C : citerne éventrée lors de la collision du chimiquier " ECE " avec le vraquier " GENERAL GROT ROWECKI " ;
  • 3C : ouverte ;
  • 4C : ouverte ;
  • 5C : à ouvrir ;
  • 6 (Bâbord / Tribord) : à ouvrir.
  • les soupapes de sécurité (tubes d’évents) des six citernes ont toutes été ouvertes.

 

A l’heure actuelle, un peu plus du quart de la cargaison reste emprisonnée dans l’épave.

 

3 Surveillance scientifique de la colonne d’eau

 

Un patrouilleur de service public (PLUVIER puis FLAMANT) et le bâtiment de soutien de région " ELAN " sont déployés tour à tour sur la zone de ce chantier sous-marin dans le cadre d’une mission de surveillance environnementale de la colonne d’eau pilotée par les spécialistes du LASEM (*). Cette surveillance consiste en la mesure des concentrations de phosphates. Des prélèvements sont effectués à différentes profondeurs ainsi qu’à des distances variables par rapport à l’aplomb de la coque du chimiquier " ECE ". La " veine " du courant est systématiquement surveillée.

Deux séries de neuf prélèvements sont réalisées par un spécialiste du LASEM chaque jour depuis le mercredi 30 août, veille de l’ouverture du chantier sous-marin.

Après les premières interventions sur les points d’accès à la cargaison (trous d’homme des citernes 1 C, 3 C et 4C), et l’ouverture des évents, les analyses effectuées ont montré une augmentation significative de la concentration en phosphates à proximité de la coque sans pour autant atteindre des niveaux dangereux pour l’environnement. Depuis, ces concentrations ont régulièrement baissé.

Cette surveillance scientifique se poursuivra pendant toute la durée du chantier et au-delà tant que nécessaire.

 

4 Pompage des hydrocarbures

 

La phase de pompage a également nécessité des investigations et des travaux préparatoires sur les caisses d’hydrocarbures qu’il convient de pomper (40 tonnes de fuel lourd et 22 tonnes de lubrifiants). Ces opérations délicates ont été perturbées par les mauvaises conditions météorologiques et la force du courant, ce qui n’a pas permis jusqu’à présent la mise en place des supports de fixation du système de pompage et de refoulement vers les capacités de stockage de la barge " NORMA ". Les experts de " DRONIK " ont constaté qu’il convenait également de procéder à des adaptations techniques sur les bras manipulateurs de l’engin utilisé. Ils ont fait connaître leur intention de reprendre le travail sur les caisses de lubrifiant dès que les conditions météorologiques seront favorables.

 

5 Les navires sur zone.

 

La barge NORMA, le remorqueur STEVNS OCEAN, le BLUE CASTOR, navire de soutien et de dépollution chargé notamment de la police du plan d’eau sont sur la zone du chantier, conditions météorologiques permettant. Le patrouilleur de service public PLUVIER et le bâtiment de soutien de région ELAN de la marine nationale assurent alternativement une permanence sur zone pour la mission de surveillance environnementale. Le patrouilleur de service public FLAMANT réalisera cette mission à compter du mardi 12 septembre.

Les moyens spécialisés pré-positionnés en cas d’alerte antipollution sont le Bâtiment de Soutien d’Assistance et de Dépollution ARGONAUTE basé à Brest, le remorqueur d’intervention, d’Assistance et de Sauvetage ABEILLE LIBERTE basé à Cherbourg.

 

Météorologie sur zone vendredi 8 septembre : vent de secteur est à nord est avec des rafales à 35 nœuds (70 km/h), mer agitée, localement forte (creux de 2,5 mètres), coefficient de marée 111 avec des courants à 2,5 nœuds (4,6 km/h), température de la mer à 17 °C. Une amélioration est attendue samedi à partir de 12h00.